lundi 26 janvier 2009

CHAPITRE 9 - Mon pauvre ange-gardien…

Oh la la. Vraiment, je suis surprise que mon ange-gardien n’ait pas encore fait la grève ou qu’il n’ait pas négocié une retraite anticipée!


Avant-hier soir, j’ai été rencontrer une copine pour lui vendre un vélo que j’avais essayé une semaine avant d’acheter mon vélo actuel, et qui était trop petit pour moi. Étant donné qu’il est difficile de trouver des vélos en bon état à ce temps-ci de l’année, je me suis dit que mon amie lithuanienne pourrait bien en bénéficier vu qu’elle en cherchait un et n’avait toujours rien trouvé. J’ai donc acheté le vélo de celle qui le vendait (il y avait deux autres personnes intéressées) pour ensuite le revendre au même prix à mon amie.


Une fois le marché conclu, elle m’a invité à boire un thé dans sa chambre, et m’a gentiment offert du chocolat lithuanien (miam!) pour accompagner le breuvage à l’arôme savoureuse qu’elle avait directement rapporté de chez elle. Nous avons discuté de tout et de rien, puis elle m’a parlé de ses problèmes avec l’enregistrement en ligne de ses cours.


C’était toute une histoire de merdier électronique, et malgré les quatre courriels envoyés à la responsable, elle n’avait reçu aucune assistance (mais il faut dire que c’était la fin de semaine…). Le gros problème, c’est que hier matin elle partait dans le nord de la Suède pour toute la semaine dans le cadre d’un de ses cours sur la culture nordique, et la date limite pour procéder à l’enregistrement obligatoire est vendredi de cette semaine, pendant qu’elle sera en voyage. Et croyez-moi, il ne faut pas niaiser avec les trucs administratifs ici, parce qu’ils ne sont pas du tout indulgents quand vient le temps de négocier une modification au niveau des cours ou de l’inscription.


Ainsi, dimanche mon amie m’a raconté combien cette histoire la stressait puisqu’elle ne croyait pas avoir réussi à se faire comprendre par la coordonnatrice dans ses nombreux courriels, blâmant son propre niveau anglais et le qualifiant de médiocre. On a donc regardé ensemble ce qu’elle avait écrit, et je l’ai aidé à rédiger un nouveau courriel extrêmement explicite pour tout mettre au clair et pour s’assurer que la coordonnatrice allait pouvoir démêler cette affaire.


Ensuite, je lui ai offert d’aller rencontrer la coordonnatrice en personne lundi matin puisque je devais me rendre à son bureau et y faire la file de toute façon (pour me mettre sur la liste d’attente pour le cours de suédois gratuit, niveau débutant). Dans le fond, c’était banal et ça ne me demandait pas grand effort.


Hier matin, je me suis donc rendue au bureau de la coordonnatrice, et tout a fini par se régler pour le mieux pour mon amie, tandis que j’ai pu inscrire mon nom sur la liste d’attente pour le cours de suédois. Il ne reste plus qu’à… attendre! Yé!


Pendant que j’attendais mon tour dans le couloir avant que tout ne soit réglé, j’ai rencontré le chum (français) d’une copine américaine, Antoine, et nous avons fini par dîner ensemble. C’était ultra agréable, et tellement que… je ne sais pas trop comment, mais j’ai oublié mon portefeuille dans la cafétéria en quittant les lieux pour retourner chez moi.


Mais ce qui est vraiment terrible, c’est que je ne me suis, à aucun moment, rendue compte de cet oubli. Mon dernier souvenir est d’avoir fait tournoyer mon portefeuille dans ma main gauche pendant que je parlais avec mon ami. Comment ai-je donc pu le laisser là en m’en allant?? Je me vois trop en train de ponctuer ma dernière phrase d’un coup de portefeuille sur la table, au son des pièces de monnaie qui s’entrechoquent, puis de le laisser là, tout bêtement, pendant que j’allais porter mon cabaret près de la poubelle.


C’est un employé de la cafétéria qui ma téléphoné pour me dire qu’ils avaient retrouvé mon avenir-suédois-contenu-dans-des-cartes-de-plastique!! Je ne vous dis pas, pour avoir travaillé à la banque, je sais que faire remplacer une carte débit en voyage, c’est presque impossible. Alors, le dialogue s’est déroulé comme suit :


- « Oh, bla-bla-bla… Hmmm, bla-bla-bla-bla-bla! Bla? » (suédois)


- « Hein? I think you have the wrong number. »


- « Oh, I’m sorry! But… you don’t happen to have lost a wallet? »


- « I don’t think so! But… oh my! Maybe?? It would be the kind of thing that I could do… what is the name of the person’s wallet?? »


- « Madeleine Beaudet. Is that you? »


- « Oh no! I mean ‘oh no’ it IS me!!! Not again! »


- « Well, we have your wallet. It’s no problem, you can come get it when you want, today or tomorrow. »


Évidemment, je suis tout de suite allée le chercher, juste après l’avoir remercié quatorze fois en lui disant qu’il me sauvait la vie.


L’affaire c’est que mon numéro de téléphone n’était indiqué nulle part à l’intérieur du portefeuille, ce qui veut dire qu’un bon samaritain est allé faire la ligne dans le bureau de l’administration pour trouver mon numéro de cellulaire dans le système à l’aide de ma carte étudiante, numéro que j’avais (HEUREUSEMENT) récemment mis-à-jour dans le système informatique quelques jours plus tôt…


En allant quérir mon ultime moyen de subsistance, j’ai découvert que la personne n’avait même pas pris l’argent dans le portefeuille (il y avait l’équivalent de 300 SEK, environ $CAN50). J’ai demandé à la caissière de la cafétéria (celle qui m’a rendu mon portefeuille en mains propres) si elle savait qui l’avait trouvé, lui disant qu’un homme m’avait appelé, mais elle m’a dit que non, que l’homme qui m’avait téléphoné n’était que son collègue, que ce n’était pas lui qui l’avait trouvé.


Je lui ai expliqué que nous avions une coutume (du moins c’est ce que je crois) de donner une partie des sous dans le portefeuille à la personne qui le trouvait et le rapportait à son propriétaire. Elle a rit et est retourné à sa cuisine comme si de rien n’était…


Vraiment, j’ai un ange-gardien. Ce genre de situation est arrivé trop souvent pour que ce ne soit que le hasard. Mon ange m’avait déjà rescapé d’une situation semblable à deux reprises en Australie en 2000. Une fois, j’avais oublié mon portefeuille en-dessous d’un matelas de lit superposé dans une auberge de jeunesse, et je m’en étais rendu compte environ 500km plus tard, et c’est le chauffeur d’un autre autobus d’Oz Experience qui l’avait ramassé et qui me l’avait rapporté deux jours plus tard. L’autre fois, c’était à Melbourne. Je m’étais fait à manger dans la cuisine de l’auberge et puis j’avais oublié mon portefeuille là, sur une des tables à la vue de tous. Deux heures plus tard, j’ai eu un flash de ma bêtise, et quand je suis retournée à la cuisine dans l’espoir de le retrouver, habitée d’un sentiment de fatalité, j’ai été submergée de soulagement en constatant qu’il était là, m’attendant exactement où je l’avais oublié, avec tout son contenu…


Il y a tant d’autres histoires, et pas juste des histoires de portefeuille! Par exemple, l’histoire de ma tente volée puis retrouvée, que j’avais déclaré volée à la police australienne le jour-même où on me l’avait piquée et qui, finalement, avait été retrouvée en parfait état, puis renvoyée chez mois huit mois plus tard (au Canada), alors que j’étais déjà rentrée au pays!


Je ne commencerai pas à énumérer tout mes coups de chance, la liste est longue, mais je vais simplement me prononcer sur ce récent événement en disant qu’une fois de plus, mon ange-gardien, qui est de toute évidence éperdument dévoué à sa cause, m’a rendu service. Il faut dire qu’avec un père comme le mien, il y a peut-être une génération d’anges-gardiens réservés aux descendants des Beaudet. Au moins, moi, je n’ai jamais oublié mes enfants dans le métro de Montréal, mais ça, c’est une autre histoire… ;-) Et que je t’aime mon papa!!!

3 commentaires:

  1. Chanceuse d'avoir une ange gardien comme ça. Les anges gardiens ont-ils un sexe ?
    José

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  2. L’autre jour je me suis retrouvée dans une conversation sur les signes zodiaques (je ne sais pas trop pourquoi!) et la personne à qui je parlais (Luke, le copain de Bay) est né le même jour que toi. J’ai exclamé « ah, tu es poisson! Toujours dans la lune! Comme Mado! » Dans notre groupe, seulement Jildaz a compris pourquoi on t’appelait « Princesse Luna »:-)

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  3. Ben en tout cas, si jamais t'as un contact direct avec ton ange gardien, tu ne pourrais pas lui dire qu'il y a un mec qui aimerait bien bénéficier de ses incroyables talents...

    En passant, mon retour de Montréal n'avait rien à voir avec mon stage au ministère de l'immigration. C'est plutôt que je me suis fait offrir un emploi à Québec, au ministère du Conseil Exécutif. Je ne pouvais refuser, j'ai donc redéménagé mais suis rudement satisfait du retournement de situation.

    Malheureusement, je n'ai pas encore terminé ma maîtrise (fini les cours, le stage en cours de route mais l'essai n'est toujours pas terminé). Désolé d'apprendre que le cours d'Hervouet ne s'est pas terminé sur la note que tu voulais (je suis certain que ça n’a pas dû être dramatique), ça a plutôt bien été de mon côté.

    En tout cas, la formule "commentaire de blogue" n'est peut-être pas faite pour raconter sa vie mais que veux-tu, une chose en emmenant une autre... Bonne chance (c’est vrai, pas besoin de ça avec TON ange gardien) pour la suite de tes aventures en terre de feu Ingmar Bergman.

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