Nuages. Forêt. Silencieux. Gris. Bicyclette. Vent. Voitures de luxe. Familier. Ce sont les premiers mots qui me viennent en tête lorsque je tente de décrire ma première impression de la Suède. En débarquant de l’avion, j’ai vu qu’il faisait nuageux, mais qu’une certaine clarté régnait sur le paysage, comme un halo mystérieux. Le vent faisait virevolter les cheveux et foulards des passagers qui se rendaient à l’intérieur de l’aéroport pour quérir leurs bagages, un vent qui donnait des frissons sans vraiment donner froid. Je m’imaginais soudain très bien le contexte d’un roman policier de Henning Mankell!
Les vols se sont vraiment très bien déroulés, sans la moindre secousse excepté pour l’atterrissage à l’aéroport de Linköping, descente qui m’a plutôt semblé être une chute libre. Dès que l’avion à traversé le voile de nuages qui nous cachait la vue et que le pilote a annoncé que nous atterririons 5 minutes plus tard, l’appareil a été ébranlé de plusieurs violentes secousses et des images horribles de miettes d’avion ont alors défilé devant mes yeux… Mais bon, je suis en train d’écrire ce texte alors, pas de trouble! Mon amie suédoise, Maria, m’a d’ailleurs avoué qu’elle avait toujours eu ce genre d’atterrissage à l’aéroport de Linköping, et que c’était peut-être un endroit embêtant pour les pilotes. C’est bien noté. Prochain atterrissage à destination de la Suède, Stockholm…
C’est cette incroyable amie qui m’a accueillie à l’aéroport, alors que cela faisait plus de quatre ans et demi que nous ne nous étions pas vues! Nous nous sommes rencontrées la première fois en Nouvelle-Zélande où nous avons voyagé ensemble pendant environ un mois.
Maria m’a directement reconduit à l’université pour que je récupère les clés de ma résidence, et puis elle m’a accompagnée pour faire une inspection des lieus. Je partage désormais un korridor avec sept autres personnes, parmi lesquelles j’ai rencontré Adam (slovaque), Solène (française) et Manuel (hispano-suédois). Certaines personnes quittent la Suède d’ici la fin de la semaine puisque leur séjour ici est terminé (telle Solène), ce qui signifie que de nouveaux arrivants (comme moi) devraient faire leur apparition sous peu.
L’édifice où j’habite est plutôt vieux, mais ma chambre est spacieuse et propre. On ne peut en dire autant de la cuisine et de la salle commune.
La résidence ne se distingue aucunement des autres résidences qui peuplent Ryd, (prononcé "Rude" en roulant le "r") endroit où s’entassent plusieurs centaines d’étudiants, autant étrangers que suédois. Dans un même korridor, il peut y avoir cinq suédois avec trois étudiants étrangers tout comme il peut n’y avoir qu’un seul suédois et sept étudiants internationaux. C’est assez aléatoire, mais la composition des colocations semble arrangée de sorte à ce que diverses nationalités se côtoient. Les korridor sont mixtes partout.
CARTE DE RYD
Le cercle rouge indique mon lieu de résidence.
Ryd se situe à environ 20 à 25 minutes de marche du campus Valla (le campus principal), et donc cela représente à peine 10 minutes en vélo. Il faut compter environ 15 à 20 minutes en vélo pour se rendre au centre-ville (15 pour l’aller, et 20 pour le retour à cause de la grosse côte!). Je suis déjà à la recherche d’un super bolide pour me déplacer dans la ville à mon aise, et j’ai peut-être déjà trouvé une candidate. Je le saurai demain!
Après avoir déposé mes sacs dans mon nouveau chez moi et après avoir constaté qu’IKÉA est définitivement le fournisseur de mes meubles, Maria accepte de m’accompagner chez ce géant de l’ameublement pour que je me procure les objets manquants. Non seulement elle m’aide à trouver ce dont j’ai de besoin, mais elle m’invite aussi à manger des boulettes suédoises accompagnées de confiture de lingonne! Mon premier repas en sol suédois! Miam!!!
Ce chaleureux accueil ne s’arrête pas là, puisque Maria m’emmène faire la visite de son appartement, qui est vraiment magnifique et qui est situé en plein centre-ville. Nous buvons un thé rouge avec du miel, dans une atmosphère relaxante éclairée à la lumière de chandelles IKÉA dont Maria est très friande (elle en a acheté un paquet de 100 alors que je me procurais mes propres choses au magasin).
Le décalage horaire me guette depuis l’arrivée vers l’heure du dîner, mais je ne céderai pas au sommeil avant 20h00. Après m’être fait reconduire à la résidence, je pars à pied à la recherche d’un supermarché, que je trouve à peine à cinq minutes de marche de chez moi. Je me rends compte que le suédois ne ressemble en rien au français ou à l’anglais, et je me fie donc aux images sur les étiquettes pour me guider dans mes choix de produits. C’est bien rigolo! Dans la section des produits laitiers, je cherche désespérément le lait sachant que deux types de cartons similaires contiennent deux choses très différentes. L’un, du lait normal, l’autre, du lait caillé dont les suédois sont apparemment de fervents amateurs. Je m’adresse à la fille qui se tient à ma droite, qui ne peut malheureusement m’aider puisqu’elle est française et est arrivée à Linköping le soir précédent. Nous nous donnons nos opinions respectives, puis je prends une chance alors qu’elle continue de scruter les étiquettes. Finalement, j’ai fait le bon choix (je m’en rendrai compte le lendemain matin en mangeant mon müesli)!
En me réveillant ce matin, mon cadran indiquait 4h00. J’ai persévéré dans ma volonté de me rendormir et ce avec succès puisque j’ai rouvert les yeux à midi!
À peine quelques minutes après m’être levée, j’ai découvert que j’étais la « trash person » de la semaine tel que l’indiquait un petit morceau de bois accroché à « ma » porte d’armoire de cuisine. C’est Adam, le slovaque, qui me l’a expliqué. Je dois donc jeter les déchets de la cuisine, trier le recyclage et aller porter les quatre différents bacs au bon endroit, dans un édifice quelconque non loin d’ici, je dois aller porter les bouteilles de bière vide au supermarché, puis je dois laver les linges à vaisselle.
Aujourd’hui, après avoir réussi à souscrire à un service Internet dans ma chambre, j’ai décidé de retourner chez IKÉA, mais cette fois en autobus. Il me manquait une foule de petites choses essentielles auxquelles je n’avais pas pensé la journée précédente. Une chance, j’ai eu droit à l’aide d’un jeune suédois à mi-chemin (je suis débarquée au mauvais arrêt pour changer de bus), qui m’a dit, une fois que nous avions échangé quelques mots, qu’il quittait la Suède cette fin de semaine pour son propre échange à Manheim en Allemagne. Sympathique!
En soirée, je me suis fait un souper tardif, et j’ai rencontré plusieurs françaises qui soupaient dans notre cuisine commune (invitées par une de mes « colocs »), et qui retourneront chez elles sous peu car elles ont terminé leur semestre (dont ma « coloc »). Une d’entre elle me vendra sans doute son vélo dès demain! La vie est bien faite.
Quelques faits qui me surprennent depuis mon arrivée :
- Tous les gens font religieusement la file partout où ils vont, un peu comme à Montréal, mais de manière beaucoup plus répandue (on m’a dit que dans les bars, si on dépasse la ligne à n’importe quelle moment, le bouncer le remarquera inévitablement et il ne dira pas un mot jusqu’à ce que tu arrives devant la porte, ce après quoi il te fera recommencer la file AU COMPLET);
- Je porte déjà mon manteau de printemps.
- Les étudiants peuvent faire leur lavage gratuitement partout à Ryd.
- Un autobus gratuit fait la navette entre Linköping et Norrköping, même si cela représente 30km de distance.
- Tous les étudiants étrangers se voient remis une carte SIM gratuite (pour leur cellulaire) à leur arrivée, et les appels entre étudiants étrangers qui utilisent cette carte ne coûtent rien sauf pour les frais de connexion qui sont de moins d’une couronne suédoise.
- Les piétons sont maîtres ici! Je suis déstabilisée et j’exaspère malgré moi les conducteurs en hésitant avant de traverser la rue. Old habits die hard.
- Je suis grande ici aussi.
- Les prix d’IKÉA en Suède ne sont pas nécessairement moins chers que ceux au Canada.
- Je n’arrive à trouver que du thé de marque « Lipton » au supermarché.
- Le fromage ne se vend pratiquement qu’en format d’un kilo, et il coûte plus cherche que mon kit de trois casseroles chez IKÉA.
- Il est possible d'acheter un billet d'autobus à l'aide de son cellulaire, et une fois sur le bus, il suffit de montrer au chauffeur son téléphone avec le message indiquant que l'achat a été fait. Cette manière de faire coûte moins cher que d'acheter un billet dans un dépanneur, et il est désormais impossible d'acheter des billets directement dans l'autobus.
- Faire la bise à un suédois risque de lui faire faire une crise cardiaque. Mieux vaut se contenter d'une brève poignée de main. Une chance, mon amie Maria n'a pas été traumatisée par mon câlin et mes becs!

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