jeudi 15 janvier 2009

CHAPITRE 3 - Première activité sociale

Ce soir en me rendant dans la cuisine pour réchauffer mon souper, j’ai rencontré Anja, l’estonienne qui habite dans mon korridor. Elle est vraiment sympathique, et après à peine cinq minutes de discussion, elle m’a invité à me joindre à elle pour un souper avec des copains de classe avec qui elle a suivi un cours en Grèce sur le développement durable. Ce cours était offert à des étudiants inscrits à l’université de Linköping ainsi qu’à l’université de Stockholm, et pour la fin du cours, ceux de Stockholm sont venus à Linköping pour célébrer ensemble (alors que l’inverse avait été fait pour le début du cours).

J’ai bien sûr accepté, et c’est ainsi que nous nous sommes rendues au centre-ville dans un restaurant grec. J’avais rendez-vous avec Anja à l’arrêt d’autobus, et une fois sur place, j’ai rencontré son amie Oksana (ukrainienne). Elles sont dans le même programme et sont en Suède pour la durée de leurs études de maîtrise, c’est-à-dire deux ans. Elles parlent non seulement anglais, mais aussi russe!

Les deux filles, de jolies blondes, pourraient facilement passer pour des suédoises. D’ailleurs, Oksana parle un peu la langue, et la comprend encore plus. Les deux filles ensemble sont très comiques, pleines d’entrain et souriantes. Je les adopte aussitôt.

Il fait plus froid qu’hier, et le sol est couvert de glace par endroits. Nous arrivons au centre-ville quelques minutes plus tard à bord du bus no. 3, et même si nous sommes légèrement en retard, personne n’est encore arrivé. Mais les autres ne tardent pas, et je rencontre alors deux canadiens (dont un de Vancouver, Ryan, marié à une suédoise, et un d’Ottawa, Mickey), ainsi qu’une fille d’origine canadienne (de Toronto), Maria, mais qui habite en Suède depuis l’âge de huit ans (son père est suédois, et sa mère canadienne). Il y a également un brésilien, Fabio, un couple de suédois, et quelques autres à qui je n’aurai pas la chance de parler au courant de la soirée en raison de la disposition des sièges.

Puisque j’ai déjà mangé (heureusement, vu les prix indiqués sur le menu!), je prends un dessert (baklava) alors que les autres choisissent respectivement un plat principal et du vin.

Durant le repas, je m’entretiens entre autres avec le couple suédois, dont le mari et la femme doivent être dans la cinquantaine. Le mari me parle de ses nombreux séjours en Irak (environ 70) dans le contexte de son travail (il fait des projets de gestion d’eau). Il se prononce sur la barbarie des irakiens depuis que Bush s’est mis dans la tête d’aller en Irak, causant tous les dégâts qu’on connaît. Il me relate des faits aléatoires dont le nombre de professeurs universitaires brillants de l’université de Bagdad qui ont, depuis 2004, pour reprendre ses paroles, « souffert d’une intoxication aigüe au plomb », ce après quoi il a jugé nécessaire de spécifier qu’ils avaient été assassinés (environ 300 d’entre eux). Il partage également des histoires atroces d’enlèvements qui ont finies en meurtres sanglants, même lorsque les rançons ont été payées. Je ne sais trop pourquoi il me parle de cela. Est-ce par traumatisme ou par sensationnalisme, je n’arrive pas à le savoir, mais j’écoute silencieusement en hochant de la tête.

Au fil des conversations, j’apprends que la plupart des gens assis à la table sont tous étudiants ou travailleurs en « planning », que ce soit « urban planning », « social planning », « water planning », etc. Seules Anja et Oksana sont en développement durable. La plupart d’entre eux ont fait le cours de développement durable en Grèce car c’est un sujet d’actualité (et sans doute parce que c’était en Grèce!), et pour ceux qui étudient en urbanisme, il est avantageux de tenir compte de la sauvegarde de l’environnement dans leur conception de nouvelles infrastructures.

La soirée est donc fort instructive, et pas une personne ne semble se questionner sur ce que je fais là alors que je ne fais aucunement partie du groupe! Enfin, lorsque Fabio, le brésilien, apprend que je ne suis en Suède que depuis deux jours, il me demande avec qui je suis venue au restaurant, et j’explique alors qu’Anja est ma nouvelle colocataire. Il hoche la tête d’un air compréhensif, et personne d’autre ne me pose la question par après.

La soirée m’aura également permise d’apprendre une nouvelle fort intéressante, un espèce de secret mal gardé pour la session qui commencera la semaine prochaine : apparemment, un des cours auquel je suis inscrite (Contemporary European Institutions) prévois une escapade à Bruxelles pour visiter certaines institutions européennes importantes… Wouah!!! Reste à voir si c’est vrai, mais je sens que les prochains mois me réservent toutes sortes de surprises agréables! :-)

1 commentaire:

  1. Il ne faudrait pas crever de faim ma chouette.
    Ta maman qui t'aime XX

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© Madeleine Beaudet, 2009. Tous droits réservés.