mardi 27 janvier 2009

CHAPITRE 10 - Tournoi de "foot"

Mes camarades de classe sont absolument FANTASTIQUES. Je ne les ai rencontré que quelques fois, mais je les adore déjà! Ils sont super spontanés, ultra comiques et culturellement dévergondés (du moins ceux avec qui j’ai été en contact). J’ai totalement adopté Erin et Irina, deux filles extras avec qui ça a vraiment cliqué (qui sont colocs en plus), et nous sommes présentement en train de manigancer la formation d’une équipe du tonnerre pour un tournoi de soccer ici, dans mon ghetto, yo.


Alors, toute cette histoire a commencé la semaine dernière alors qu’Erin m’invitait à son appartement pour me donner les détails du voyage à Bruxelles prévu dans le cadre d’un de nos cours.


J'en profite d’ailleurs pour faire une parenthèse là-dessus étant donné que c’est très excitant et que c’est en train de se concrétiser. Mais avant de faire cette parenthèse, j’en fais une autre sur mon programme d’échange. Tant qu’à blablater, on va blablater pour de vrai.


Dans le cadre de mon échange, je dois suivre quatre cours optionnels, l’équivalent de 12 crédits à mon université, ce qui représente une charge d’études à temps plein normale au niveau maîtrise. Je ne peux choisir mes cours pendant que je suis à l’étranger, mais ça, je le savais déjà avant de partir. C’est une condition pour qu’on me crédite mon semestre à l’étranger, il faut s’assurer de l’équivalence des cours de l’université d’accueil avec ceux de l’université d’origine, et c’est cela qui permet à une entente de réciprocité d’être signée.


En fait, l’échange que je fais ici en est un qui est assez particulier, effectué dans le cadre du « Profil international », unique à l’université Laval. Il ne s’agit donc pas d’un échange dans le cadre des PÉÉ (programmes d’échanges d’étudiants) de la CREPUQ (Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec). Le processus administratif pour le Profil international est beaucoup plus simple, et de multiples avantages (bourses, allocation de transport, etc.) y sont rattachés sauf qu’on a seulement le choix entre six établissements pour le programme de maîtrise en Études internationales (au lieu de 500 par rapport au CREPUQ!). Il faut dire que partir en échange durant la maîtrise, ce n’est pas si commun que ça dans les autres programmes, alors je me considère plutôt privilégiée!!


Chaque établissement étranger avec qui l’IQHEI (Institut québécois des Hautes études internationales) a une entente est donc spécialisé en études ou relations internationales, mais chacun focalise sur un thème ou une région particulière. Par exemple, moi en Suède, c’est l’Europe, mais à à Seattle, ce sont les études stratégiques et de sécurité, etc. Les ententes à ce jour ont été signées avec six universités différentes : une au Chili (à Santiago), une en Argentine (à La Plata), l’autre au Pérou (à Lima), deux en Scandinavie (à Oslo et Linköping) et celle aux États-Unis (à Seattle).


Bref, tout ça pour dire que j’ai quatre cours qui s’inscrivent dans le cadre du programme de maîtrise de l’université de Linköping et qui se dénomme Masters of International and European Studies. La beauté dans le fait de suivre les cours prédéfinis par le programme en Suède c’est d'avoir les mêmes collègues de classe pendant toute la session, me permettant ainsi de tisser des liens avec eux et de vraiment m’intégrer au programme. La majorité des étudiants étrangers à Linköping sont des étudiants ERASMUS (European Community Action Scheme for the Mobility of University Students), et la plupart complètent des études de premier cycle. Ces derniers prennent les cours de leur choix (dans leur domaine), ce qui signifie que les groupes varient d’un cours à l’autre, et la taille des classes a tendance à être beaucoup plus grande.


Alors, fermons la parenthèse : le fait de participer au programme de maîtrise de Linköping de la même manière que les étudiants qui sont établis ici pour la durée de leurs études de deuxième cycle signifie que j’ai la possibilité d’aller faire le voyage à Bruxelles dans le cadre du cours « Contemporary European Institutions ». Le but de ce séjour est d’aller visiter plusieurs institutions de l’Union Européenne qui siègent en Belgique, ainsi que de rencontrer des représentants d’ambassades et d’organisations diverses (telles des ONG), etc. J’y serai donc en mai, le temps d’une semaine. J’ai hâte!!! C’est vraiment magique l’Europe, tant de diversité à proximité!


Je vous en redonnerai certainement des nouvelles en temps et lieu.


Pour en revenir à l’histoire du tournoi de soccer… Pffff, je "ferme" maladroitement ma parenthèse…


Pendant la soirée, j’ai eu droit aux renseignements concernant Bruxelles, mais comme n'importe quelle conversation qui évolue à son gré, j’ai aussi appris une histoire bien spéciale à propos du tournoi de soccer de Ryd duquel Erin et Irina ont été plus-ou-moins exclues.


En fait, ce tournoi se prépare pour le mois de février (à l’extérieur), et durera un mois, jusqu’à la fin mars. Le tout a été affiché sur Facebook, et dix règles très précises ont été indiquées sur la page principale pour expliciter le déroulement du tournoi, énumérant les procédures d’inscription (par invitation) et les restrictions diverses quant à la composition des équipes ou au comportement des joueurs, brossant un portrait de ce qui est permis de faire et ce qui ne l’est pas.


Par exemple, s’il est permis d’avoir des gens d’une seule nationalité dans une même équipe, il n’est pas question de permettre de chanter son hymne national durant un match. Chaque équipe peut contenir le nombre de joueurs qu’elle veut, mais durant les parties, ce sera toujours 5 contre 5.


Erin et Irina ont été très offensées par le 7e règlement, qui se lit comme suit :


7. There are no gender restrictions, so you can involve girls to your team, but you have to take into consideration physical potential of girls and to decide for taking them or not. (for stupids: it means that like in professional football or any other team competitions, men dont play against women. it is fact, it is an international rule. but, as we mentioned, THERE ARE NO GENDER RESTRICTIONS.so that women are welcome. (I didnt changed this paragraph, there is nothing against any law of any country of any planet of any galaxy).


Bon, déjà là, la qualité de l’anglais est discutable, mais le sens des mots demeure très clair. C'est sexiste tout en essayant de ne pas l'être (je dis bien en "essayant"). Pour riposter, mes copines lui ont fait remarqué, en écrivant des commentaires sur le site du tournoi, que dans bien des sports, dont le football (soccer), il existait des équipes féminines professionnelles, et que même s’il ne s’agissait pas d’équipes mixtes, les femmes étaient tout aussi capable de faire du sport que les hommes. Un événement « amical » tel que le tournoi à Ryd n’étant PAS international, et le niveau n’étant PAS professionnel, cela donnait raison de croire que certaines filles étaient en mesure de faire compétition sans nuire à leur propre équipe.


Finalement, se rendant sans doute compte de la faiblesse de ses arguments (ou pour ne pas perdre la face), l’administrateur du site (et donc le rédacteur des règles) a effacé les commentaires de mes amies sans toutefois se préoccuper d’apporter des modifications au 7e règlement (qui est plutôt un commentaire qu’une règle).


Mes copinettes ont pris le 7e règlement personnel puisque le garçon administrant le tournoi les avait explicitement invitées à participer à cet événement sportif. Elles ont toutefois décidé de se désister du tournoi, et même si elles considéraient avoir « gagné » la bataille des sexes en mots, reste qu’en pratique, elles se privaient de participer.


C’est pourquoi, en les écoutant raconter leur histoire, et les voyant encore très frustrées par toute cette histoire, je me suis dit que ça serait chouette de participer malgré tout, juste pour les agacer! Erin, Irina et Antoine (le copain d’Erin qui était venu nous rejoindre au courant de la soirée) étaient très enthousiasmés par l’idée, et c’est ainsi que nous avons commencé à rigoler en inventant une foule de scénarios concernant notre équipe pour le tournoi :


- On ne serait que des filles dans notre équipe, mais étant très conscientes de nos talents limités au soccer et voulant toutefois se donner une crédibilité, il fallait absolument s’approprier Veronika, la joueuse qui pourrait nous faire gagner (au moins un match) et qui habite présentement à Ryd mais qui joue habituellement dans une équipe féminine au niveau national en République Tchèque.


- Puisque Antoine était là durant notre discussion, et qu’il était prêt à s’habiller en fille pour le premier match, il ferait lui aussi partie de l’équipe, étant certainement un atout pour nous!


- On s’appellerait les « Girls Gone Wild ».


- Jacques, l’ami d’Antoine, aurait lui aussi le droit de jouer dans notre équipe à condition de s’habiller en fille.


- On ne se prendrait pas au sérieux, le but étant de s’amuser (quoique dans le fond ce soit secrètement d’humilier quelques gars durant le tournoi!) ;-)


Bref, on déconnait en ne cessant d’élaborer une foule d'idées farfelues, mais finalement, dans notre vague d’entrain, nous avons décidé de mener le projet à terme.


Il faut absolument être inscrit pour pouvoir participer au tournoi, mais la personne inscrite peut choisir les joueurs de son équipe. Antoine, étant déjà inscrit, est notre porte d’entrée.


C’est ainsi que le lendemain, prenant notre défi au sérieux, nous sommes allés nous entraîner dans la bouette, sous la pluie, pour se donner toutes les chances de gagner notre première partie! C’était la première pratique, et il y en aura certainement d’autres!! Mission immédiate? Outre s'entraîner, trouver Veronika et se l'approprier. Date fatidique? Le 21 février, début du tournoi. Histoire à suivre…

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