mardi 20 janvier 2009

CHAPITRE 7 - Ghetto life

Ryd, c’est mon ghetto, yo. La dernière fois, je vous ai dit qu’il fallait prononcer ça « rude » en roulant le « r ». Bon, je suis ici depuis plus d’une semaine, et je tiens à corriger ma mauvaise leçon de prononciation. En fait, il faut plutôt dire « ride » en roulant le « r », mais attention, en prononçant le son « i », il faut sortir ses lèvres comme si elles étaient pleines de silicone, ce qui donne un son entre le « i » et le « u », d’où la confusion dans ma première explication!


Alors, Ryd, c’est un labyrinthe, et on y trouve une foule choses. Entre autres? Environ 8000 personnes, dont 3000 sont des étudiants. Le reste de la population « rydienne » est majoritairement immigrante, certains bien établis, d’autres fraîchement arrivés tel que le dévoile leur « multicouchage » de manteaux, foulards et tuques pour mieux affronter un hiver qui leur semble traumatisant. D’ailleurs, on reconnaît les suédois par leurs manteaux déboutonnés, leur moi-je-ne-porte-pas-de-foulard-parce-qu’il-ne-fait-pas-froid, leurs souliers légers, leurs jupes pour les filles, leur expression faciale neutre ou mystérieuse, et enfin, leur aisance en vélo sur les plaques de glace. Similairement, on reconnaît les étudiants étrangers par leurs cris « aaaaaaaaaaaaaaaaaah » en dérapant près du mini-viaduc menant au campus, par leurs manteaux épais, leurs claquement de dents, et leurs sourires furtifs lorsqu’ils croisent d’autres étudiants qui parlent autre chose que du suédois.


Martina et Anka (Ann-Kathrin) ont été témoins d’un dérapage l’autre jour. C’est assez fréquent! Je vais me méfier, j’ai beau être « hivernisée », le vélo et la glace, bof… pas mon truc.


Pourquoi dis-je labyrinthe quand je parle de Ryd? Les numéros sur les édifices ne se suivent aucunement, et lorsqu’on déambule dans les rues pour trouver une adresse, il faut une carte pour s’orienter ou sinon il faut espérer tomber sur quelqu’un qui connaît bien le coin. De plus, plusieurs rues portent le même nom!


Pour la vie quotidienne, la population de Ryd est assez bien désservie. Le Ryd Centrum est un petit complexe qui réuni un supermarché, un coiffeur, un magasin pour réparer les vélos, une boulangerie/pâtisserie, une pizzeria, un fleuriste, un dépanneur/bureau de poste, et un petit restaurant thaïlandais. Par contre, un étudiant averti n’ira pas faire son épicerie de la semaine au Hempköp (supermarché) du coin car tout y coûte une fortune. Mieux vaut se taper tout le trajet jusqu’au centre d’achat Ikano pour s’approvisionner.


Pour faire son lavage, c’est effectivement gratuit, et je lève mon chapeau à celui ou celle qui a inventé les « drying cupboards ». Ces cabinets sont faits pour suspendre ses vêtements, mais on peut activer un bouton qui fait tournoyer de l’air chaud au travers les différents compartiments séparés par un grillage pour accélérer le processus sans faire rapetisser ses vêtements. Pour prévoir les vols, chaque cabinet peut se barrer à condition d’avoir un cadenas. J’ai entendu des drôles d’histoires sur des vols de… « bobettes ». Eurk.


Ensuite, pour couper les coûts dans le budget, lors d’un imprévu avec son vélo (une chaîne qui brise, une pédale qui tombe, etc.), il existe un service gratuit offert aux étudiants par d’autres étudiants, qui consiste à fournir des outils et des conseils pour réparer son précieux véhicule. Ils ne réparent pas les vélos en soi, mais vont prêter main forte à un incompétent (comme moi!) au besoin. Il faut payer pour les pièces qu’on doit acheter, et il faut les acheter soi-même, mais les services et les conseils sont gratuits. Cet endroit de dépannage se trouve dans le sous-sol d’un des édifices résidentiels de Ryd, à peine à 5 minutes de chez moi, et est ouvert deux soirs par semaine.


Parlant de vélo, j’ai fait l’acquisition de mon propre bolide aujourd’hui-même, et je suis tellement fière de ma trouvaille! C’est un garçon de Taiwan qui me l’a vendu, et quoique en bon état, la roue avant est… légèrement tordue. Mais j’irai au sous-sol de dépannage dimanche, où ils peuvent apparemment régler ça sans problème. Je pourrais donc désormais me pratiquer à pédaler sur des surfaces glissantes tout en me gelant la face dans le vent trop froid. Je ne suis pas fan de l’idée de faire du vélo l’hiver (je sais, « l’hiver » entre guillemets pour nous les québécois, mais quand même!), mais dépendre des autobus, c’est désagréable. Et faire le trajet jusqu'au campus à pied alors que ça prend le quart du temps sur des roulettes, et bien… Vive le vélo!


Bon, je continue ma ghetto-scription! Toujours à Ryd, on retrouve le Herrgårn, mieux connu sous le nom de HG. C’est la place où tous les étudiants étrangers se réunissent pour célébrer le mardi soir, dans le cadre de la « international students’ night ». J’en ai moi-même fait l’expérience mardi dernier, et… je dois être rendue trop vieille et pantouflarde. Le premier étage, c’est un pub normal, assez petit, et si l’on monte au deuxième, on trouve la discothèque. J’ai donc pris ma première bière suédoise (yey!) au rez-de-chaussée pour ensuite monter à l’étage investiguer le plancher de danse. Le fait de me retrouver parmi une foule très jeune et très saoule, convulsant au rythme monotone de la musique house, et bien, ça ne m’a apporté aucune satisfaction personnelle. Je me suis remémorée mes moments de « gloire » à danser sur des tables en Australie, bouteille de vin en main, mais je n’ai ressentie que de la nostalgie par après, et non pas une envie de me déhancher follement. Pourtant, je suis désormais généralement assez dénuée d’inhibitions même sans consommation d’alcool (j’imagine qu’il y a des avantages à vieillir), et aurais pu avoir envie de danser. Pour me consoler, je me suis dit que le choix de musique y était peut-être pour quelque chose…


Enfin, j’ai quand même pris la peine de rester assez longtemps pour dire que j’étais allée au HG et que je m’étais fait une impression générale pas trop précipitée. J’ai même fait des jaloux, car environ 45 secondes après avoir laissé mon manteau au vestiaire, une file d’attente s’est matérialisée devant l’entrée, et plusieurs ont fait le piquet pendant plus d’une heure avant de pouvoir poser un pied à l’intérieur. Même que j’ai des amis qui ont laissé tomber puis qui sont rentrés chez eux, découragés et gelés.


Je me suis fait applaudir en quittant l’endroit, puisque les bouncers laissent rentrer un nombre de gens proportionnel à celui de gens qui sortent… Au fond, j’étais très altruiste en m’en allant avant minuit! hihi


À Ryd, les korridors sont aussi réputés pour leur party divertissants. La règle officielle (affichée dans le couloir) dicte qu’un maximum de 20 personnes peuvent se retrouver dans un même korridor en même temps. Pourtant, certains party regroupent parfois jusqu’à 200 personnes! Je n’en ai pas encore vu de cette ampleur, mais j’imagine que ça viendra, en espérant que ce ne soit pas le mien! ;-)


Donc voilà pour la description de Ryd. J’oublie sûrement une foule de trucs vu que je ne suis pas ici depuis longtemps, mais je vous ferai des mises-à-jour au besoin. Je vous laisse sur deux petites vidéos vous présentant ma chambre et mon korridor!

Ma chambre
Veuillez s'il-vous-plaît ignorer ma magnifique coupe de cheveux...

Mon korridor


3 commentaires:

  1. Claire: les plantes artificielles sont les meilleures, elles ne meurent pas, je sais c'est ce que j'ai chez-moi comme plantes suspendues...

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  2. J'ai adoré tes vidéos! J'ai tellement ri quand tu as parlé de ta salle de bain « chic »!

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  3. Je suis impressionnée: ta chambre est tellement à l'ordre !!! Ha ! Ha ! Tu es vraiment bien installée.

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© Madeleine Beaudet, 2009. Tous droits réservés.