L’université de Linköping, au travers les associations et groupes étudiants, offre divers types de services et d’activités pour les étudiants en échange. Pendant la journée d’orientation, on nous a parlé du programme Host Families for International Visitors. Il s’agit de la possibilité d’être jumelé à une « famille » suédoise durant notre séjour à Linköping.
En fait, le choix du terme « famille d’accueil » (host family) est trompeur puisqu’il ne s’agit pas nécessairement d’une famille, le jumelage peut se faire avec un couple ou un individu. De plus, il ne s’agit pas d’un service d’hébergement dans une famille, c’est purement un échange culturel qui prend la forme que chaque parti veut bien lui donner, que ce soit des activités culturelles, sportives, ou simplement le fait d’aller prendre un café.
Ce concept a piqué ma curiosité, et puisque j’aime toujours rencontrer des nouvelles personnes, je me suis dit que ce serait intéressant de faire connaissance avec un(e) ou des Suédois(es) dans un contexte autre que l’école.
La responsable de ce programme nous a averti qu’il était impossible d’attribuer une « famille » a tous les requérants, puisqu’il y avait toujours plus d’étudiants intéressés qu’il n’y avait de « familles » disponibles. J’ai été remplir le formulaire quelques jours plus tard, sans vraiment m’attendre à quoique ce soit, et environ deux semaines plus tard, alors que je n’y pensais plus, j’ai eu des nouvelles!
Sophia, ma nouvelle « famille d’accueil », m’a donné un coup de fil pour se présenter et m’expliquer que nous avions été jumelées. Sur le coup, j’étais un peu surprise puisqu’elle me parlait dans un français impeccable, avec l’accent de France. Je lui ai demandé si elle était bien Suédoise, et elle m’a dit que oui. Justement, son objectif en participant au programme de jumelage était de pouvoir continuer à pratiquer son français, quoique, en l’écoutant parler, on n’aurait jamais pu deviner que le français fût une langue tierce pour elle ou qu’elle eu réellement besoin de le pratiquer!
Nous nous sommes entendues pour une rencontre dans un café en ville le lendemain vers l’heure du lunch. Coffeetown by George. J'aime cet endroit, qui se trouve à deux pas du lieu de travail de mon amie Maria, sur la place principale. C’était un dimanche.
Je me suis rendue en vélo (ma première escapade en ville à vélo!), et puis je suis arrivée à peine quelques secondes avant Sophia. Je ne sais pas pourquoi, mais en entrant dans le café, malgré les diverses personnes présentes, je savais qu’elle n’était pas encore arrivée. En la voyant passer la porte, je savais que c’était elle. On aurait dit qu’elle me reconnaissait aussi.
Finalement, nous avons décidé de dîner sur place. Nous avons commandé et bu les mêmes choses, et puis dès les premiers échanges, j’ai réalisé que nous avions plusieurs choses en commun et que nous semblions mutuellement aussi à l’aise l’une que l’autre.
C’est une très jolie femme, à peine trentenaire, les cheveux blonds cendrés, coupés courts mais pas de manière garçonne. Elle est féminine, non pas dans son habillement, mais dans sa personne, sa voix est douce et son regard vif, ses grands yeux bleus dénués de maquillage sont magnifiques et expressifs. On ne peut s’empêcher de la fixer sans détourner le regard, elle dégage quelque chose, du moins c'est ce que j'ai senti, mais ne fait preuve d'aucune prétention. Son t-shirt blanc arborait une image ressemblant à un camée, noir sur blanc, représentant le profil du visage d’une jeune femme, sans détails particuliers, mais encadré d’un ovale. J'ai deviné qu’il s’agissait de Leslie Feist, la chanteuse canadienne. Sophia me le confirma plus tard.
Sophia est intéressante et engageante. Elle a étudié à Linköping puis a travaillé à Malmö, une ville complètement au sud de la Suède, à proximité de Copenhague au Danemark. Elle revient tout juste d’un séjour de neuf mois au Maroc, un projet réalisé dans le cadre d’une mission avec Médecins Sans Frontières (MSF). Elle est spécialisée en infectiologie, mais, étonnamment, elle n'a pas agit comme médecin sur place, elle a plutôt occupé un poste administratif lié à l’intégration de réfugiés au Maroc. C’était tout un défi, mais elle semble avoir énormément apprécié son expérience, quoiqu’elle aurait tout de même apprécié travailler en tant que médecin sur le terrain.
Elle m’a expliqué que le processus de sélection était particulièrement scrupuleux et qu’il fallait passer au travers une foule d’étapes pour en arriver à un poste au sein d’une équipe. Outre le fait de devoir être médecin, la connaissance du français était un gros atout, et il fallait bien sûr faire preuve de flexibilité car le candidat ne peut choisir ni son projet, ni son équipe, ni sa destination.
Dans son cas, les choses se sont passées très rapidement, et elle était déjà au Maroc très peu de temps après avoir rencontrer les autres membres de son équipe (moins qu’une dizaine d’individus). Ils ont travaillé de concert pendant les neufs mois.
C’était fascinant de l’écouter raconter son expérience. Depuis son retour, elle avait dû trouver un nouvel appartement avec son copain puisqu’elle ne retournerait pas à Malmö. Elle revenait travailler à Linköping, où elle avait étudié pendant plus de six ans. Changement de ville, mais changement de spécialité également! Plutôt que de continuer en infectiologie, elle allait désormais travailler en pédopsychiatrie. J’étais étonnée d’apprendre qu’il n’était pas si difficile de changer de spécialité en Suède, contrairement au système québécois et à d’autres systèmes en Europe.
Elle avait beau commencer sa première journée de travail le lendemain matin, elle ne semblait ni nerveuse, ni stressée. Je n'arrivais pas trop à deviner ses émotions. Elle n'était pas contemplative, mais plutôt pondérée. Elle m'a affirmé que c’était quelque chose de nouveau, certes, mais pas quelque chose d’affolant. Elle connaissait déjà quelques personnes, et était évidemment familière avec la ville. Jouant sur les stéréotypes, j’ai voulu y reconnaître l’attitude « suédoise » du living in the here and now, un mantra assez répandu en Suède (et ce n’est pas moi qui le dit!).
Nous avons parlé musique, concerts, films, musées, voyages, acitivités sociales, etc. C'était vraiment très agréable.
Avant de ne se séparer, elle m’a invitée à visiter son nouvel appartement. Elle n’avait pas du tout terminé de défaire toutes ses boîtes, mais cela lui permettrait de me présenter son copain. Ce dernier est un fervent adepte de volleyball (ça sonne des cloches??), et il joue même dans une équipe au sein de la première ligue suédoise (la ligue la plus avancée), ce qui démontre qu’il ne s’agit pas que d’un simple hobby mais bien d’un style de vie!
Son copain était sympathique, mais ne parle pas français. Il était en train de ranger des trucs lorsque nous sommes arrivés. J'ai constaté que de nombreuses boîtes attendaient toujours d'être ouvertes et vidées de leur contenu, que les cadres attendaient d'être accrochés, mais que les centaines de livres, des romans et des livres d'école, avaient déjà trouvé leur place dans l'énorme bibliothèque se trouvant dans une pièce à part.
Je me trouve chanceuse d'être tombée sur Sophia. Les gens qui nous ont jumelé ont bien fait leur travail, mais sans doute le hasard y est-il aussi pour quelque chose.
Je n’ai pas eu la chance de revoir Sophia depuis, mais il faut dire qu’avec un nouvel emploi, un emménagement à terminer et un horaire assez chargé d’un point de vue professionnel, il n’était pas tout-à-fait évident de fixer une prochaine rencontre. J’espère tout de même avoir la chance de la revoir bientôt et de continuer notre échange!
En fait, le choix du terme « famille d’accueil » (host family) est trompeur puisqu’il ne s’agit pas nécessairement d’une famille, le jumelage peut se faire avec un couple ou un individu. De plus, il ne s’agit pas d’un service d’hébergement dans une famille, c’est purement un échange culturel qui prend la forme que chaque parti veut bien lui donner, que ce soit des activités culturelles, sportives, ou simplement le fait d’aller prendre un café.
Ce concept a piqué ma curiosité, et puisque j’aime toujours rencontrer des nouvelles personnes, je me suis dit que ce serait intéressant de faire connaissance avec un(e) ou des Suédois(es) dans un contexte autre que l’école.
La responsable de ce programme nous a averti qu’il était impossible d’attribuer une « famille » a tous les requérants, puisqu’il y avait toujours plus d’étudiants intéressés qu’il n’y avait de « familles » disponibles. J’ai été remplir le formulaire quelques jours plus tard, sans vraiment m’attendre à quoique ce soit, et environ deux semaines plus tard, alors que je n’y pensais plus, j’ai eu des nouvelles!
Sophia, ma nouvelle « famille d’accueil », m’a donné un coup de fil pour se présenter et m’expliquer que nous avions été jumelées. Sur le coup, j’étais un peu surprise puisqu’elle me parlait dans un français impeccable, avec l’accent de France. Je lui ai demandé si elle était bien Suédoise, et elle m’a dit que oui. Justement, son objectif en participant au programme de jumelage était de pouvoir continuer à pratiquer son français, quoique, en l’écoutant parler, on n’aurait jamais pu deviner que le français fût une langue tierce pour elle ou qu’elle eu réellement besoin de le pratiquer!
Nous nous sommes entendues pour une rencontre dans un café en ville le lendemain vers l’heure du lunch. Coffeetown by George. J'aime cet endroit, qui se trouve à deux pas du lieu de travail de mon amie Maria, sur la place principale. C’était un dimanche.
Je me suis rendue en vélo (ma première escapade en ville à vélo!), et puis je suis arrivée à peine quelques secondes avant Sophia. Je ne sais pas pourquoi, mais en entrant dans le café, malgré les diverses personnes présentes, je savais qu’elle n’était pas encore arrivée. En la voyant passer la porte, je savais que c’était elle. On aurait dit qu’elle me reconnaissait aussi.
Finalement, nous avons décidé de dîner sur place. Nous avons commandé et bu les mêmes choses, et puis dès les premiers échanges, j’ai réalisé que nous avions plusieurs choses en commun et que nous semblions mutuellement aussi à l’aise l’une que l’autre.
C’est une très jolie femme, à peine trentenaire, les cheveux blonds cendrés, coupés courts mais pas de manière garçonne. Elle est féminine, non pas dans son habillement, mais dans sa personne, sa voix est douce et son regard vif, ses grands yeux bleus dénués de maquillage sont magnifiques et expressifs. On ne peut s’empêcher de la fixer sans détourner le regard, elle dégage quelque chose, du moins c'est ce que j'ai senti, mais ne fait preuve d'aucune prétention. Son t-shirt blanc arborait une image ressemblant à un camée, noir sur blanc, représentant le profil du visage d’une jeune femme, sans détails particuliers, mais encadré d’un ovale. J'ai deviné qu’il s’agissait de Leslie Feist, la chanteuse canadienne. Sophia me le confirma plus tard.
Sophia est intéressante et engageante. Elle a étudié à Linköping puis a travaillé à Malmö, une ville complètement au sud de la Suède, à proximité de Copenhague au Danemark. Elle revient tout juste d’un séjour de neuf mois au Maroc, un projet réalisé dans le cadre d’une mission avec Médecins Sans Frontières (MSF). Elle est spécialisée en infectiologie, mais, étonnamment, elle n'a pas agit comme médecin sur place, elle a plutôt occupé un poste administratif lié à l’intégration de réfugiés au Maroc. C’était tout un défi, mais elle semble avoir énormément apprécié son expérience, quoiqu’elle aurait tout de même apprécié travailler en tant que médecin sur le terrain.
Elle m’a expliqué que le processus de sélection était particulièrement scrupuleux et qu’il fallait passer au travers une foule d’étapes pour en arriver à un poste au sein d’une équipe. Outre le fait de devoir être médecin, la connaissance du français était un gros atout, et il fallait bien sûr faire preuve de flexibilité car le candidat ne peut choisir ni son projet, ni son équipe, ni sa destination.
Dans son cas, les choses se sont passées très rapidement, et elle était déjà au Maroc très peu de temps après avoir rencontrer les autres membres de son équipe (moins qu’une dizaine d’individus). Ils ont travaillé de concert pendant les neufs mois.
C’était fascinant de l’écouter raconter son expérience. Depuis son retour, elle avait dû trouver un nouvel appartement avec son copain puisqu’elle ne retournerait pas à Malmö. Elle revenait travailler à Linköping, où elle avait étudié pendant plus de six ans. Changement de ville, mais changement de spécialité également! Plutôt que de continuer en infectiologie, elle allait désormais travailler en pédopsychiatrie. J’étais étonnée d’apprendre qu’il n’était pas si difficile de changer de spécialité en Suède, contrairement au système québécois et à d’autres systèmes en Europe.
Elle avait beau commencer sa première journée de travail le lendemain matin, elle ne semblait ni nerveuse, ni stressée. Je n'arrivais pas trop à deviner ses émotions. Elle n'était pas contemplative, mais plutôt pondérée. Elle m'a affirmé que c’était quelque chose de nouveau, certes, mais pas quelque chose d’affolant. Elle connaissait déjà quelques personnes, et était évidemment familière avec la ville. Jouant sur les stéréotypes, j’ai voulu y reconnaître l’attitude « suédoise » du living in the here and now, un mantra assez répandu en Suède (et ce n’est pas moi qui le dit!).
Nous avons parlé musique, concerts, films, musées, voyages, acitivités sociales, etc. C'était vraiment très agréable.
Avant de ne se séparer, elle m’a invitée à visiter son nouvel appartement. Elle n’avait pas du tout terminé de défaire toutes ses boîtes, mais cela lui permettrait de me présenter son copain. Ce dernier est un fervent adepte de volleyball (ça sonne des cloches??), et il joue même dans une équipe au sein de la première ligue suédoise (la ligue la plus avancée), ce qui démontre qu’il ne s’agit pas que d’un simple hobby mais bien d’un style de vie!
Son copain était sympathique, mais ne parle pas français. Il était en train de ranger des trucs lorsque nous sommes arrivés. J'ai constaté que de nombreuses boîtes attendaient toujours d'être ouvertes et vidées de leur contenu, que les cadres attendaient d'être accrochés, mais que les centaines de livres, des romans et des livres d'école, avaient déjà trouvé leur place dans l'énorme bibliothèque se trouvant dans une pièce à part.
Je me trouve chanceuse d'être tombée sur Sophia. Les gens qui nous ont jumelé ont bien fait leur travail, mais sans doute le hasard y est-il aussi pour quelque chose.
Je n’ai pas eu la chance de revoir Sophia depuis, mais il faut dire qu’avec un nouvel emploi, un emménagement à terminer et un horaire assez chargé d’un point de vue professionnel, il n’était pas tout-à-fait évident de fixer une prochaine rencontre. J’espère tout de même avoir la chance de la revoir bientôt et de continuer notre échange!
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