jeudi 5 février 2009

CHAPITRE 16 - Lançage de soulier et autres péripéties suédoises


Benny Dagan


Le 29 janvier, l’ambassadeur israélien en Suède, M. Benny Dagan, est venu à l’université de Linköping parler de Gaza et pour élaborer sur les défis et les opportunités de la « politique étrangère » d’Israël à l’égard de la Palestine.


La venue de M. Dagan était bien évidemment entourée d’une controverse tangible, suscitant bien de la haine et du mépris non seulement de la part de la communauté arabe à Linköping, mais aussi de la part de résidents suédois et autres gens issus d’une foule de nationalités différentes. Cette conférence avait pour but d’ouvrir un débat constructif sur de nombreux enjeux sensibles et controversés, de manière civilisée et ouverte. Je reviendrai là-dessus…


Avant de venir à Linköping, M. Dagan était à Stockholm pour faire le même exposé, mais ce ne fut pas long (vingt minutes après avoir débuté sa présentation) avant qu’une série de projectiles soit lancée sur l’ambassadeur (dont un soulier, deux livres et un carnet de note). Le soulier a atteint l’ambassadeur dans le ventre, mais cela ne l’a pas empêché de continuer son exposé quelques minutes après que les assaillants eurent été arrêtés. Par contre, le grabuge a continué avec une série d’insultes et autre protestations verbales, mettant un terme au colloque.


Déjà vu? Décidemment, le lançage de souliers est en train de devenir un moyen de protester à la mode.


Je ne tente pas de ridiculiser la chose, bien au contraire. J’ai voulu mieux comprendre pourquoi un soulier plutôt qu’un autre projectile. En fait, j’ai eu une réponse partielle en lisant un article de la BBC en lien avec l’épisode survenu en Iraq, article très intéressant que je vous invite à lire, quoique moi je ne trouve pas ça « fortunate » que le soulier n’ai pas atteint sa cible en Iraq…


Cet article explique donc que dans la foi musulmane, les souliers sont considérés comme malpropres. En effet, outre les rites de purification, les musulmans se doivent d’enlever leurs chaussures avant de rentrer dans la mosquée pour prier. Les chaussures peuvent être laissées à l’entrée de la mosquée, ou sinon transportées à l’intérieur, préférablement dans la main gauche avec les semelles appuyées l’une contre l’autre.


Apparemment, dans la culture arabe, il est très impoli d’exposer ses semelles à la vue d’un autre être humain. Ainsi, pas question de se croiser les jambes en déposant la cheville sur le genou, au risque d’offenser son voisin de siège.


Alors, fermons cette petite parenthèse culturelle, et revenons-en à la présentation de M. Dagan. Avant de ne pouvoir mettre les pieds dans la salle où avait lieu le discours, il fallait d’abord… faire la file! Ha! Une chance que je suis arrivée tôt, car il y avait un nombre limité de places, et bien des gens n’ont pu assister à la conférence faute d’être arrivés trop tard (et non pas en retard).


Nous avons patiemment attendus, attendus, attendus, sous le regard sévère mais calme des deux gardes de sécurités, qui surveillaient la foule de l’endroit où ils étaient postés, c’est-à-dire devant l’entrée d’une salle de classe où l’on allait devoir laisser tous nos biens personnels (y compris : téléphones cellulaire, caméras, livres, manteaux, etc.) avant de pouvoir atteindre la salle de conférence et de s’asseoir.


Des manifestants pacifiques allaient et venaient le long de la foule, brandissant des drapeaux palestiniens, affichant d’énormes photos d’enfants mutilés, et distribuant des papiers aux étudiants, sur lesquels on retrouvait plusieurs cartes géographique de la Palestine, chacune représentant le pays à différentes dates pour témoigner du rétrécissement important du territoire occupé par les Palestiniens (et à l’inverse, l’élargissement du territoire occupé par les Israéliens). Les papiers contenaient également des données sur le nombre de pertes palestiniennes à ce jour, ainsi qu’une ligne du temps schématisant les fluctuations dans le nombre de morts au cours des années. Enfin, deux caricatures étaient imprimées à l’endos du papier.


Photo: Lubomir Poklemba.


Comme les autres, j’ai été accrocher mon manteau et mon sac dans la première salle de classe, mais j’ai gardé dans mes mains mon minuscule carnet de notes ainsi qu’un crayon au cas où l’on accepta que je le trainai avec moi. Personne n’a contesté, alors j’ai pu prendre des notes durant la présentation.


Avant de pénétrer dans la salle de conférence, un policier fouillait chaque étudiant avec son détecteur de métal à main, et dans mon cas, il a minutieusement palpé mes grandes bottes d’hiver pour voir si j’y avais caché quelque chose (seulement des mauvaises odeurs), mais il n’a pas exigé que je les enlève (un chance pour lui).


Enfin, j’ai pu aller m’asseoir, attendant que la salle soit pleine avant que l’ambassadeur ne fasse sont apparition. Des policiers et policières longeaient les murs, avec à peine un mètre de distance entre chacun(e), ce qui correspondait à une douzaine de policiers.


Le responsable de l’UF a fait une introduction avant de n’accueillir l’ambassadeur, remerciant tout le monde d’être venu assister à la conférence mais surtout, exigeant que tous et chacun fassent preuve de civilité lors du débat suivant la présentation. Le but de ce colloque était d’avoir un échange constructif sur des enjeux d’actualité, et s’il était permis de contester les propos de l’ambassadeur, il n’était pas question d’insulter ce dernier ou de lui manquer de respect. Pas question de lancer des souliers non plus…


L’ambassadeur a fait son entrée accompagné de deux gardes du corps, qui se sont postés de chaque côté de lui. On aurait cru des jumeaux, et ils ressemblaient étrangement à Agent Smith dans le film The Matrix.


Sachant l’accueil qu’il avait reçu à Stockholm, j’étais surprise de voir M. Dagan tenter sa chance à Linköping. Alors qu’il s’installait devant le podium pour parler, un silence total et opaque régnait dans la salle. Il a ouvert la bouche, a prononcé un ou deux mots quand soudain quatre jeunes Suédois dans la dernière rangée à ma gauche se sont levés en hurlant « Gaza- solidaritet », enlevant leurs gros chandails pour révéler des t-shirts blancs affichant chacun une lettre pour former le mot G-A-Z-A. Les cris étaient timides au début, mais on a vu qu’ils ont pris de l’assurance quand l’homme derrière moi c’est mis à hurler « Dog! Dog! Dog! Dog! » au même rythme que le slogan crié par les quatre autres manifestants.


Cela a duré quelques secondes, puis les policiers sont intervenus en forçant les jeunes à sortir de la salle. Ils continuaient à crier mais demeuraient passifs, ne tentant pas vraiment de résister, et les policiers n’ont pas eu de difficulté à les expulser sans être brutal.


Le président de l’UF est alors intervenu, exclamant sa déception en disant que c’était justement ce genre de chose qu’il voulait éviter durant la présentation. Il a demandé à l’auditoire si d’autres personnes avaient l’intention de faire la même chose à nouveau, et que si c’était le cas, qu’ils allaient devoir quitter la salle. Il a répété son indignation, puis a exigé que tout le monde se calme pour laisser parler l’ambassadeur.


Ce dernier à repris la parole, impassible, mais d’autres individus l’ont interrompu peu de temps après pour lui crier des injures. Le président de l’UF s’est fâché encore une fois, faisant malgré tout preuve de calme et de patience, et après ce dernier avertissement, tous ce sont tus, réalisant que ce seraient eux les perdant s’ils continuaient à crier, puisqu’ils ne pourraient participer à la discussion après la présentation et confronter l’ambassadeur à ce moment-là.


Pour ceux que ça intéresse, voici les propos tenus par M. Dagan lors de son discours (j’ai pris mes notes en anglais, alors la traduction est approximative). Je me suis permis d’inclure des liens conduisant à d’autres articles beaucoup mieux rédigés (en français et en anglais) ou encore des liens référant à des documents onusiens, pour ceux qui veulent se plonger dans en profondeur dans les détails du conflit israélo-palestinien. Je ne fais que rapporter les propos de l’ambassadeur et ne prend pas position face au contenu.


- 29 janvier 2009, Linköpings Universitet, Discours de Benny Dagan, ambassadeur israélien en Suède


Le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale des Nations unies a voté la résolution 181, recommandant le partage de la Palestine de sorte à créer un État juif, un État arabe et une zone sous régime international particulier. Le gouvernement américain s’est basé sur cette résolution dans son engagement à protéger Israël. Israël appuyait la décision selon laquelle deux États seraient créés, avec des frontières clairement définies.


Le 16 décembre 2008, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1850. Cette dernière témoigne du progrès accompli au niveau de plusieurs enjeux fondamentaux, incluant les frontières, la sécurité, les réfugiés, Jérusalem, l’eau, etc. Ces enjeux se doivent d’être résolus par les partis concernés.


En ce qui concerne trois enjeux spécifiques, enjeux formant un cadre établi pour la tenue de négociations, qui sont les parties qui peuvent participer aux discussions concernant le Moyen-Orient? Les Nations unies, l’Union Européenne, les États-Unis, et la Russie. Ces enjeux sont :

1) Reconnaître l’États d’Israël;

2) Accepter les ententes préalables entre Israël et la Palestine;

3) Renoncer au terrorisme.


Quels sont les principaux défis stratégiques pour Israël actuellement? L’Iran et l’arme nucléaire. Des sanctions économiques et politiques ont déjà été imposées par le Conseil de sécurité contre l’Iran. Ainsi, l’enjeu nucléaire iranien ne concerne pas uniquement Israël, il s’agit d’un enjeu menaçant la paix et la sécurité internationales.


Le 27 janvier est la journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l’Holocauste. Cette année, le porte-parole du gouvernement iranien a déclaré que l’Holocauste était un « gros mensonge ». À cela s’ajoute une rhétorique à propos de la nécessité de rayer l’État israélien de la carte, alors qu’Israël est un État membre des Nations unies. Les liens entre le gouvernement iranien, le Hamas et le Hezbollah sont réels et font de l’Iran un État patronnant le terrorisme.


Israël veut une doctrine qui permettra la résolution pacifique des conflits au Moyen-Orient, tel que durant les années 1990. Le traité de paix israélo-jordanien signé en octobre 1994, faisant partie des accords d’Oslo de 1994, a rendu possible la paix avec la Jordanie. Le processus de négociation avec la Syrie a malheureusement abouti à une impasse en 2000. De bonnes relations diplomatiques et une coexistence dans le Moyen-Orient sont souhaitées par Israël. La Turquie contribue présentement au processus de paix dans la région en agissant en tant qu’intermédiaire dans les négociations*.


Les iraniens veulent détruire Israël. Cela constitue une menace sérieuse et réelle non seulement à la sécurité d’Israël mais également à la paix et la stabilité dans la région du Moyen-Orient.


Le Hamas et le Hezbollah sont soutenus par le gouvernement de la république iranienne. L’Iran, de concert avec la Syrie, fournissent des cours d’entraînement militaire à ces deux mouvements de résistance, ainsi que des roquettes dont la portée atteint entre 20 et 200km (pour le Hamas) et 40km (pour le Hezbollah).


Cela viole les résolutions onusiennes votées par le Conseil de sécurité. Le fait que le Hamas et le Hezbollah soient contrôlés par des groupes politico-religieux rend difficile la tâche de résoudre pacifiquement les enjeux liés au conflit israélo-palestinien.


Comment faire des compromis lorsque les attaques perpétrées contre Israël sont motivées par des croyances religieuses? Le conflit, essentiellement politique à l’origine, s’est vu transformé en un conflit religieux. Il faut tenter de revenir aux enjeux politiques, de ramener le conflit dans la sphère politique.


En ce qui concerne les roquettes, pourquoi cet enjeu est-il primordial pour Israël? En raison de la cible. Ce sont les populations civiles qui sont ciblées par les tirs de roquettes. Des villages spécifiques sont visés. Plus de 4000 roquettes ont été tirées dans le nord du territoire israélien en 2006, et 8000 sur Gaza. Ces roquettes peuvent atteindre une distance allant jusqu’à 40km, ce qui signifie que plus d’un million de civils israéliens se retrouvent dans le champ de portée des roquettes.


L’enjeu des roquettes est particulier et crucial. Il s’agit d’une stratégie à basse intensité, ce qui signifie qu’il n’est pas nécessaire de faire une vraie guerre. Des roquettes sont tirées tous les jours, c’est une façon de « fatiguer » le conflit. Cela crée un sentiment d’insécurité chez les gens. Le Hamas et le Hezbollah tente de repousser l’État d’Israël, de le forcer à se retirer de son propre territoire et ce de son propre gré. C’est une façon de faire régner une terreur constante.


Le gouvernement israélien continue de tenter d’avertir la population en avance lorsque surviennent ces tirs de roquettes, sinon, pour contrer la menace, il s’appui sur la communauté internationale, et parfois, il se voit dans l’obligation d’user de la force.


Cette habitude quotidienne de tirer des roquettes constitue une action délibérée. Cela met en danger les populations civiles des deux États. Le Hamas se sert des populations civiles palestiniennes comme un bouclier humain, et il ne s’en cache pas, il en est même fier et en parle sur les chaînes télévisées. Les commandants du Hamas se cachent pendant que les civils palestiniens sont tués.


Israël a démantelé ses colonies et retirer ses forces militaires permanentes de la Bande de Gaza en 2005, réalisant que l’occupation était une erreur. C’est pourquoi le gouvernement a décidé de laisser intactes les serres pour permettre de relance l’économie palestinienne. Ces serres furent détruites par le Hamas, qui s’est plutôt servi du territoire pour tirer des roquettes**.


Le gouvernement israélien ne signera pas d’entente ou de traité de paix et ne restera pas inactif tant et aussi longtemps que le Hamas continuera d’attaquer l’État d’Israël.


Une coalition formée par l’Égypte, l’Arabie Saoudite et les États du Golfe se prononce désormais en faveur d’un dialogue de paix. Elle réaffirme qu’il faut revenir à une stratégie pacifique telle que elle adoptée après la guerre au Liban. Cette coalition rejette la philosophie de l’Iran, elle veut la paix. Récemment, Barack Obama a critiqué le Hamas et l’Iran pour ce qui s’est produit dans le Moyen-Orient.


Le cessez-le-feu n’a pas été respecté. C’est pourquoi Israël est intervenu et a dû user de la force.


La communauté internationale s’oppose au trafic d’armement alimenté par l’Iran. Il ne faut pas que l’Iran se retrouve en position dominante. Il faut s’attaquer à l’enjeu du trafic d’armement, et il faut continuer à soutenir et à promouvoir le processus de paix, il faut reconnaître la nécessité d’un appui international et régional, il faut respecter la résolution 1850. Il faut encourager la coalition pragmatique des États arabes.


Source: http://mondediplo.com/maps/initiativemap


Alors voilà! Les questions ont évidemment fusées de toutes parts une fois que l’ambassadeur ait eu terminé son discours et que les brefs applaudissements se soient tus. Certains étudiants ont posé des questions très provocatrices, d’autres ont passé des commentaires sans s’attendre à une réponse, que ce soit des commentaires exprimant leur indignation ou des commentaires se prononçant en faveur des actions posées par le gouvernement israélien (ces derniers étaient minoritaires). Certains commentaires critiquant Israël étaient très bien articulés et difficiles à rebutés pour l’ambassadeur, tandis que d’autres commentaires beaucoup plus émotifs se voyaient renvoyer la balle et faisait monter la tension dans la pièce.


Les gens sont restés relativement calmes, et l’ambassadeur a patiemment répondu à toutes les questions, demeurant presque toujours placide. Mais je ne peux nier qu’en réponse à certaines questions et commentaires, il a parfois mis de côté son jargon diplomatique, de sorte à répondre de manière plus personnelle (et parfois plus enflammée).


Je ne sais pas si c’était vraiment un débat constructif, mais ça faisait certainement foi de la complexité revêtant ce conflit, de la difficulté autant pour un observateur qu’une personne directement concernée de demeurer neutre face aux atrocités perpétrées autant par un parti que par l’autre.


Chaque journée qui passe apporte de nouveaux développements. Deux jours après le cessez-le-feu du 18 janvier, Amnesty International accusait Israël d’avoir commis des crimes de guerre, tandis que le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, se rendait à Gaza pour évaluer les dommages causés par la guerre entre Israël et le Hamas. Le 13 février, la Commission des Nations unies a débuté une enquête pour investiguer sur le bombardement des quartiers générales de l’ONU à Gaza.


Robert Hilton


Enfin, le jeudi suivant, 9 février, c’était au tour de Robert Hilton, un représentant de l’ambassade américaine en Suède, de venir parler à l’université de Linköping. Il venait aborder les principales priorités de la politique étrangère de Barack Obama. Cette fois-ci, pas de longue file d’attente, pas de manifestants, pas de détecteurs de métal, pas de policiers, bref, pas grand émoi comparé à la venue de l’ambassadeur israélien.



Néanmoins, la salle s’est tranquillement remplie, et ce presque à sa capacité maximale. J’ai trouvé l’introduction de M. Hilton assez… particulière.


Il a fait son entrée en saluant tout le monde et en les remerciant d’être venus, remerciant aussi l’UF de l’avoir invité. Il avait l’air nerveux, mais nous nous sommes rendus compte que ce n’était pas à cause de sa présentation.


- "Alors, je veux vous avertir que si mon téléphone cellulaire sonne durant la présentation, je vais devoir répondre, car ça pourrait être important. Voyez-vous, mes deux enfants sont seuls à la maison en ce moment car leur mère est aux États-Unis pour traiter un cancer du sein. Je suis un père avant tout. Donc je suis sûr que mes enfants sont particulièrement heureux d’être laissés sans supervision à Stockholm, et qu’ils vont sans doute bien se porter au courant de la soirée, mais au-cas-où, je tiens à vous faire remarquer que je répondrai peut-être à mon téléphone."


En fait, son téléphone n’a vibré qu’une seule fois pendant la présentation, et il s’est subitement arrêté de parlé en disant « oh! ma poitrine vibre, alors je vais vérifier si c’est important… ok, ce n’est pas important, ok! ».


Durant son discours, il était assez humoristique, plutôt terre-à-terre. En fait, j’ai apprécié sa franchise dans la manière dont il a répondu aux questions dans la deuxième partie du colloque. D’ailleurs, la première question posée portait sur la manière dont s’opérait concrètement le changement de politique parmi les diplomates américains partout dans le monde maintenant que la nouvelle administration était entrée en fonction.


Il a tout de suite répondu :


- "Et bien, je suis l’homme du Président, ainsi que tous les autres diplomates américains dans le monde. Vous m’auriez invité à venir parler ici quatre mois plutôt, et je pense que vous m’auriez peut-être lancé des souliers car j’aurais été l’homme de George W. Bush. Heureusement, je crois que mon nouveau « patron » est beaucoup plus populaire, n’est-ce pas, ce qui signifie que mon travail est un peu plus facile à exécuter."


J’ai également apprécié la manière dont il ne se gênait pas pour passer des commentaires personnels (lorsqu’on lui demandait ce qu’il pensait de quelque chose) sur certains enjeux ou choix de priorités dans la nouvelle politique étrangère américaine.


Encore une fois, je vous transmets le contenu de la présentation, mais cette fois-ci, je n’ai noté que les points principaux et je vous les rapporte dans les mots de M. Hilton :


  • Les trois premières semaines suivant l’assermentation d’Obama, toutes les activités de l’ambassade américaines en Suède étaient centrées sur l’économie;
  • Lors d’une conférence de presse, Obama a déclaré que la situation économique actuelle aux États-Unis était la pire depuis la Grande Dépression;
  • 3,6 millions d’emploi ont été perdus aux États-Unis, et 50% dans les derniers trois mois;
  • Un plan de relance de plus de 800 milliards de dollars a été adopté. C’est le chiffre 8 suivis de 11 zéro… (ici, M. Hilton, a exprimé son incrédulité face à la possibilité de trouver une telle somme d’argent et puis de la dépenser). De ces 800 milliards, 300 prendrons la forme de coupures d’impôt, et 500 seront réservés aux dépenses gouvernementales;
  • Ça prendra des mois avant de dépenser tout cet argent, et des années avant qu’on n’en connaisse les effets, avec aucune garantie de voir des effets favorables (ici, M. Hilton nous a demandé ce qu’on pensait qu’Obama était capable d’accomplir en 4 ans pour l’économie sans perdre l’appui de l’électorat…);
  • La crise économique est évidemment la priorité numéro un à Washington en ce moment;
  • Des menaces existent toujours au niveau de la paix et de la sécurité internationales. La terreur règne, l’extrémisme aussi. La propagation d’armes nucléaires, biologiques, chimiques et technologiques se poursuit;
  • L’environnement devient un enjeu très important dans la nouvelle politique étrangère américaine. Les conflits religieux et ethniques aussi, ainsi que le narcoterrorisme;
  • La liste de défi est trop longue pour tous les nommer;
  • Paroles du vice-président américain, Joe Bidden, lors de son discourse à Munich : « I come to Europe on behalf of a new administration determined to set a new tone not only in Washington, but in America's relations around the world. »;
  • Lors de sa deuxième journée en fonction, Obama a fait remarqué l’importance de la diplomatie dans la politique étrangère américaine, de la nécessité d’user de la diplomatie pour assurer une paix juste et durable entre la Palestine et Israël;
  • Il faut combattre les changements climatiques;
  • Avant d’être Président, Obama a accusé l’administration Bush de négliger l’enjeu de l’Afghanistan et du Pakistan, mettant trop d’emphase sur la guerre en Iraq. Il faut envoyer plus de troupes en Afghanistan, et cette guerre est beaucoup plus difficile que celle en Iraq. En deux ans, la guerre en Afghanistan a empirée, il faut reconstruire des villes et des villages, entraîner des fonctionnaires locaux, et pourtant, les chances de succès sont basses;
  • Le Président Obama a ordonné une révision de toutes les politiques américaines en Afghanistan;
  • Il faut faire un plus grand effort pour maintenir la paix dans le monde;
  • Il faut se préoccuper de l’Asie, c’est-à-dire du Japon, de la Corée du sud, et de l’Indonésie (pays musulman). Les États-Unis ont des intérêts dans cette région;
  • La crise financière mondiale à les économies chinoise et japonaise sont cruciales dans la manière dont la crise va évoluer;
  • La Chine est les États-Unis sont les principaux pollueurs du monde et sont des joueurs clés pour élaborer une nouvelle entente sur les changements climatiques. Ce sera un enjeu abordé en décembre 2009, lors de la United Nations Climate Change Conference à Copenhagen;
  • Quel rôle l’Europe pourra-t-elle jouer dans cette nouvelle entente sur les changements climatiques? Faire le pont au-dessus du fossé qui sépare l’Occident de la Chine? L’Union européenne reconnaît qu’elle a un rôle à jouer;
  • Les États-Unis et l’Europe pourraient possiblement rejeter une nouvelle entente sur les changements climatiques si cette dernière n’inclus pas la Chine. Il y a des intérêts communs entre les deux partis (entre les É-U et l’UE);
  • OTAN à c’est la pierre angulaire de la politique de sécurité américaine en Europe. Cependant, des changements doivent être apportés à l’organisation;
  • La Russie : les relations entre la Russie et les É-U ont commencé à s’émietter. Il faut appuyer sur le « reset button »;
  • Le contrôle d’armement à il faut un nouveau traité pour réduire la réserve d’armes nucléaires;
  • Iran à « America’s hand will reach out to meet Iran’s unclenched fist. »;


Voilà! Je m’arrête ici. Si vous avez réussi à lire ce chapitre au complet, BRAVO! ;-)




* Ironie : M. Daggan a prononcé ces paroles le jour-même où s’est produit le heurt entre le Premier ministre turque, M. Recep Tayyip Erdogan, et M. Shimon Peres, le président d’Israël, lors du débat du Forum économique mondial (WEF) à Davos, en Suisse.

** J’ai trouvé un article qui dit le contraire, comme quoi ce sont les colons israéliens qui ont eux-mêmes démantelés la plupart des serres, minimisant par le fait même la possibilité de transférer ces terres agricoles aux Palestiniens dans l’espoir de fournir des emplois aux Gazaouis, ce qui démontre à quel point il est difficile de savoir qui dit vrai, de trouver des propos objectifs.

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© Madeleine Beaudet, 2009. Tous droits réservés.