Jour 2 - Miejsc do zwiedzenia… (Sites à visiter…)
Auschwitz-Birkenau
Le réveil fut plus ou moins difficile, mais nous avons quand même pris le temps de déjeuner avant de partir prendre le bus qui nous mènerait jusqu’à un des plus infâmes et tristement célèbres camps de concentration d’Europe : Auschwitz-Birkenau.
Pour nous préparer à ce qui nous attend sur le terrain, un film documentaire d’une durée d’une heure nous est présenté dans l’autobus voyageur. Ce qu’on y voit est un écho des nombreux documents, films et livres qui ont traité du sujet des camps de concentration Nazis. Même si j’ai lu, vu et entendu maintes versions des événements qui ont eu lieu dans ces camps, j’éprouve encore des frissons de terreur en voyant défiler les images et témoignages sur l’écran du téléviseur.
Alors que l’autobus se gare dans le stationnement des visiteurs, le ciel bleu fait place à un ciel gris et terne, et le moment où nous mettons les pieds dehors, il se met à pleuvoir. Notre groupe est silencieux, légèrement abasourdi par la vidéo qu’il vient de visionner et s’attendant au pire pour la visite à venir.
Vous dire que j’ai senti une oppression ou un malaise dès l’instant où nous avons débarqués du bus serait un mensonge. En fait, du moment où nous sommes débarqués à Auschwitz jusqu’à celui où nous sommes tous rembarqués dans l’autobus à la fin de la visite, je me suis sentie calme, pour ne pas dire neutre.
Le seul moment où j’ai presque défailli, c’est quand j’étais dans un édifice où des tas d’objets poussiéreux étaient exhibés derrières des vitrines : lunettes, cheveux, souliers. En fait, le moment précis où l’émotion a surgi en une vague déferlante, c’est quand j’ai vu une petite sandale rouge parmi un immense amoncellement de chaussures éparses. C’était un moment d’intense vividité, une sorte de prise de conscience instantanée. Pourtant, nous avons parcouru des couloirs étroits de cellules sombres, humides, déprimantes et exigües, où des explications précises et des tas de détails morbides nous furent communiqués, nous avons parcourus d’autres couloirs où des centaines de photos de jeunes hommes et de jeunes femmes défuntes étaient encadrées, témoignant des très brefs séjours de plusieurs dans les camps, nous avons été confrontés à une foules d’objets et d’anecdotes sinistres et lugubres… mais pour moi, c’était une sandale rouge qui m’a fait l’effet d’une brique lancée au visage.
(source de la photo: http://fr.wikipedia.org/wiki/Auschwitz_%28camps%29)
C’est comme si la durée entière de la visite, j’étais dans un univers parallèle, et que je m’étais transformée en un témoin non pas insensible mais robotique. Oui, un robot qui enregistre l’information donnée sans l’analyser, sans la disséminer, sans la digérer.
Notre guide était fantastique. Une dame dans la cinquantaine avancée, passionnée d’histoire, qui nous a parlé (grâce à son micro et à nos écouteurs individuels sans fil) tout le long de la visite d’une voix feutrée, de manière pragmatique et aucunement théâtrale. On voyait qu’elle racontait de manière à transmettre les faits de la manière la plus exacte possible, sans tenter d’être sensationnaliste, sans tenter d’influencer la perception des visiteurs. Elle racontait et sa manière de raconter laissait transparaître qu’elle se souciait uniquement que les gens comprissent les faits tels qu’ils avaient été, et que chacun pourrait éventuellement les interpréter à leur façon. Il faut dire que le système de casques d'écoute individuels donnaient l'impression que la guide ne s'adressait qu'à soi, ce qui faisait qu'on se sentait d'autant plus concerné par son récit...
Ainsi, sur le coup, j’ai encaissé toute l’information distribuée pendant trois heures, un détail à la fois, au rythme de la visite, et je les ai tout simplement stockés dans mon « disque dur ». C’est plus tard, une fois dans l’autobus, que la réflexion et toutes les émotions ont commencé à surgir de manière oppressante, et ce pour le restant de la journée et durant les jours qui suivirent aussi.
La visite s’est déroulée dans deux des trois principaux camps : Auschwitz I et Auschwitz II (Birkenau). Sur le deuxième site, beaucoup plus vaste et macabre que le premier, on constatait aussitôt la fonction primaire du camp : outre l’objectif secondaire des travaux forcés, le camp servait avant tout de centre de mise à mort. On pouvait presque mesurer l’ambition exterminatrice des Nazis de par la superficie du camp et le nombre de baraques étroitement alignées et se profilant à perte de vue.
(Vue aérienne du camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau à son extension maximale ; l'entrée se trouve en bas à droite, prolongée vers la gauche par les voies de chemin de fer et les quais de débarquement ; à gauche, de part et d'autre de ceux-ci, deux bâtiments abritant les fours crématoires (les deux formes noires en « T ») ; de bas en haut : camp des femmes et des prisonniers en régime dur, camp principal, extension en construction. En haut à gauche, on remarque la fumée blanche, elle ne provient pas d'une cheminée du crématoire V, mais d'une crémation en plein air, en juin 1944, à côté du crématoire V. Le processus d'extermination avait atteint un niveau tellement élevé que les fours ne suivaient plus. Source de la légende et de la photo : http://www.fr.wikipedia.org/wiki/Auschwitz_%28camps%29)
(Plan de situation des trois camps d'Auschwitz, à l'été 1944, source de la légende et du plan: http://fr.wikipedia.org/wiki/Auschwitz_%28camps%29)
(Le parcours des déportés vers la chambre à gaz: source de la légende et du plan: http://fr.wikipedia.org/wiki/Auschwitz_%28camps%29)
Malgré que les Nazis eussent tenté de tout brûler avant de fuir les lieux, l’intention maléfique du camp sautait aux yeux. En commençant par les rails de train qui prenaient fin dans l’enceinte du camp, en passant par les centaines de baraques, certaines intactes, d’autres dont le seul vestige étaient les fondations squelettiques, et en finissant par les crématoriums, la fonction ultime de Birkenau était l’extermination des juifs. C’était la mort assurée, mort par les travaux forcés, ou mort gazés.
En raison de la température pluvieuse, venteuse et glaciale, j’ai eu l’impression que nous pouvions un peu mieux nous imaginer les horreurs subies par les détenus et les conditions immondes dans lesquelles ils étaient maintenus. Dès le moment où l’on passe l’entrée du camp et que l’on voit le sol glaiseux mouillé, les rails qui s’arrêtent net et les innombrables baraques alignées, avec par-ci par-là quelques cheminées en arrière-plan, on se sent mal. Nous avons visité quelques baraques, et avons écouté les témoignages de notre guide, constatant l’humidité perverse qui pénétrait ces bâtisses et s’imaginant des centaines de corps étendus à même le sol, tous détrempés, entassés et mêmes piétinés par les uns et les autres… Immonde. (Photo: Entrée de Birkenau (Auschwitz II), vue depuis l'intérieur du camp, source de la légende et de la photo: http://www.fr.wikipedia.org/wiki/Auschwitz_%28camps%29).
Enfin, je pourrais continuer à tout vous décrire, mais disons juste que tout le monde devrait voir ça au moins une fois dans sa vie, si ce n’est que pour se promettre qu’on ne laissera plus jamais une telle chose se produire. C’est fou de penser que des tas de conflits sanglants continuent à faire rage dans diverses régions du monde, dans l’indifférence ou l’ignorance des masses selon l’intérêt que portent les médias à la guerre du moment, alors que moi, j’écris ses lignes dans le confort de ma chambre et que je vais me coucher ce soir en tentant d’oublier que nous prenons trop nos vies, nos libertés et notre confort pour acquis…
Mais bon, je ne tente aucunement de faire la morale à personne, ce que je veux, c’est dire que de visiter Auschwitz-Birkenau et de penser à toute la planification qu’il y a eu avant et pendant l’Holocauste, ça fait réfléchir aux atrocités sciemment perpétrées par des humains contre d’autres humains. Je crois que ce qui m’a le plus choqué de ma visite des camps de concentration, c’est la précision chirurgicale avec laquelle quelques leaders Nazis ont su mener un plan d’extermination diabolique d’une telle ampleur pendant aussi longtemps. En fait, je n’arrive pas du tout à comprendre que des soi-disant êtres humains aient pu, en toute conscience, concevoir la mise à mort d’un peuple et ce dans tous les plus menus détails. De là à recycler les cheveux des détenus pour en faire des tapis ou des bas pour les soldats allemands, d’arracher les dents et plombages des morts pour en fondre les métaux, de faire pareil avec les lunettes et vêtements… YAR-QUE.
Okay, j’arrête, j’arrête…
Toujours en cette deuxième journée en Pologne, une nouvelle visite nous attend. Il est presque 14h, nous n’avons pas eu de pause pour dîner, avons marché pendant trois heures, et alors que l’autobus monte et descend à toute allure dans les pentes et les courbes et que mon estomac virevolte dans tous les sens, un mal de bloc me taraude déjà le cerveau, punition de n’avoir rien mangé. Mais, en pensant aux anciens détenus du camp de concentration que nous venons tout juste de quitter, je me dis que ça pourrait être pire. Très-beaucoup-plus-pire.
Où allons-nous? La mine de sel où nous nous rendons prend son nom de la ville où elle se trouve : Wieliczka, dans le sud de la Pologne, à environ 10 km à l'Est de Cracovie. Cette mine est classée comme un site du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1978.
Pendant des siècles, le sel, appelé aussi « or blanc » là-bas, était la base de l'économie polonaise. En effet, la mine fut en opération continue du 13e siècle jusqu’à 2007, et le sel qui y était recueilli servait de sel de table. La mine atteint 327 mètres de profondeur et les passages sous-terrain qui sillonnent la mine font un parcours de plus de 300 kilomètres de long. En tant que touriste, nous n’avons parcouru qu’une fraction dérisoire de ce parcours (l’équivalent de 3,5 kilomètres en deux heures), nous permettant d’admirer de nombreuses sculptures, statues et gravures (sculptées dans le sel) et de parcourir différentes salles souterraines et galeries ainsi que d’admirer des puits historiques.
Il faut descendre plus de 380 marches pour atteindre le fond de la mine (voir la vidéo plate pour un aperçu monotone et étourdissant de cette descente), et l’escalier traverse trois niveaux différents, suite à quoi l’on continue de descendre en passant par des excavations originales: galeries longues ou larges, salles diverses, lacs et puits.Malheureusement, assommés par l’hypoglycémie, la fatigue et surtout, ne pouvant cesser de penser à la visite de la matinée, Henning et moi trainons de la patte alors que les autres se précipitent derrière notre nouveau guide pour entendre les histoires concernant la mine. Nous prenons trop de temps à photographier quelques murales et sculptures, puis nous perdons déjà notre groupe de vue. Plutôt que de tenter de s’agglutiner aux autres et de faire semblant d’écouter le guide, nous allons à notre rythme et admirons simplement la beauté des lieux. Le cœur n’y est pas, la tête non plus. Par contre, il ne faut pas se perdre parmi tous les corridors sinon nous ne retrouverons jamais la surface!
Enfin, deux heures s’écoulent, et de toute évidence, nous n’en pouvons plus de courir partout, se sachant coupable de ne pas vraiment profiter de la merveille qui se profile devant nos yeux. Nous avons clairement été trop ambitieux dans nos projets et nous nous rendons compte (trop tard) qu’il aurait mieux valu se contenter d’une seule visite dans la journée… Mais bon, heureusement pour nos pauvres jambes fatiguées d’avoir marché toute la journée, le retour à la surface se fera en ascenseur le long du puits Danilowicz, à 135 mètres de profondeur.
Je ne crois pas exagérer en disant que j’ai eu plus peur de prendre cet ascenseur (un vrai ascenseur de mineur : une très étroite cage en métal) que de faire mon saut en parachute à 12 000 pieds d’altitude! On se fait embarrer dans le « projectile » (vous allez comprendre pourquoi je le baptise ainsi dans quelques secondes) et ça fait « ding-ding » très fort avant de faire « voooooooooooooooooooom » dès que la cage se voit soudain projetée vers les cieux. Tu montes « net-frette-sec » au travers un très sombre et très étroit couloir de sel en à peine une quinzaine de secondes, avec pour seuls compagnons de trajet, outre quelques visiteurs et la peur qui te donne des papillons dans le ventre (et te donne peut-être aussi l’envie de faire pipi dans tes culottes), le bruit vociférant que fait le vent (au point de faire siller tes oreilles), sans oublier le tintamarre orchestral que fait la cage qui grince et crépite en montant plus vite qu’on ne le croirait possible, à un point tel que j’ai l’impression que les flammèches doivent fuser en-dessous de nous…
Mais nous arrivons sains et saufs (et quelque peu étourdis) à la surface, rejoignons l’autobus, puis nous nous affalons dans nos sièges. Je ne peux vous cacher que nous montrons sans doute un plus grand enthousiasme à choir dans nos sièges tel des phoques sur leur banquise que lorsque nous déambulions dans les mystérieux et fascinants passages sous-terrain de la mine. Oh la la…
Arrivés à Cracovie, ayant récupéré quelques forces et un minimum d’agilité motrice grâce au repos durant le trajet de retour, Henning et moi partons à la recherche d’un endroit pour manger. Quoi de mieux que de la bouffe traditionnelle polonaise pour restaurer nos forces?! Nous trouvons l’endroit idéal à quelques rues du Vodka Bar fréquenté le soir précédent, où nous nous délectons devant une entrée de soupes variées, dont du barszcz bialy et du barszcz czerwony, le barszcz étant le potage national polonais, qui est soit blanc ou rouge et est fait à base de betteraves fermentées.
Apparemment, il y aurait environ 300 sortes de soupes en Pologne, juste pour vous dire qu’il s’agit là d’une tradition culinaire! Ensuite, comme plat principal, nous mangeons de délicieux pierogi ruskie, autre plat typique de la cuisine polonaise qui consiste en un genre de raviolis farcis (dans ce cas-ci de pommes de terre et de fromage blanc). Miam! C’est délicieux!!! Bon appétit, et bonne nuit! ;-)



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