Jour 1 - Poproszę szklankę wódka? (Puis-je avoir un verre de vodka?)
Malheureusement, depuis le vol que j’ai pris en partance de Nanyang vers Beijing en juillet 2007, j’ai développé une aversion de prendre l’avion. Je n’avais jamais vécu de telles turbulences… Je n’ai jamais particulièrement aimé prendre l’avion (les sièges trop petits, les longs vols, etc.), mais depuis l’épisode en Chine, j’éprouve désormais un stress fou à la moindre turbulence. Je n’en suis pas au point de prendre des pilules pour me calmer, ni au point d’arrêter de voyager, mais disons que le moins j’ai à prendre l’avion, le mieux je me porte!
Ainsi, à chaque fois que je trouve des billets d’avion bon marché, je suis hyper contente d’avoir la chance de découvrir de nouveaux horizons, mais en même temps, je me morfonds à l’idée de devoir rembarquer dans un avion. De plus, je ne suis pas nécessairement ravie à l’idée de voler avec une compagnie aérienne qui vend ses billets pour une poignée de dollars car même si cela me fait économiser beaucoup, cela me pousse également à me poser de sérieuses questions sur les standards de sécurité et le niveau d’entraînement des pilotes et des agents de bord... Mais, c’est toujours la pulsion de voyager qui finis par s’imposer, faisant temporairement taire mes inquiétudes, du moins jusqu’au moment précédant l’embarquement.
Enfin, le vol vers la Pologne s’est bien déroulé et pour au moins quelques jours, je pouvais rester tranquille et ne penser qu’à mes futures découvertes. Je suis partie à Cracovie en compagnie de Spartak (Kazakhstan) et de Lubomir (Slovaquie), deux garçons que j’ai rencontrés par hasard à Ryd en jouant au soccer. Ils ne sont pas dans mes cours, mais ils connaissent pratiquement tous mes collègues de classe. Quand on habite dans un endroit comme Ryd, on se rend rapidement compte que tout le monde se connaît! J’avais prévu partir par moi-même, mais finalement j’ai décidé d’informer mon entourage de mes plans au-cas-où il y avait des intéressés, et ces deux-là se sont manifestés.
Alors, nous somme partis pour une escapade de quatre jours. Mieux encore que le voyage en lui-même, j’avais rendez-vous avec Henning sur place. En effet, ce n’étais pas prévu au départ, mais mon amoureux et moi avons jugé que la Pologne, étant si près de l’Allemagne, serait une belle occasion de se revoir le temps d’une fin de semaine (on est tellement jet-set, hhahahaaa!).
Henning est arrivé à Cracovie tôt en matinée le samedi 14 mars, alors que Spartak, Lubo et moi sommes arrivés plus tard en fin d’après-midi. Ainsi, après s’être promené dans la ville pendant quelques heures, Henning nous a accueillis à l’aéroport, d’où nous avons pris un train qui, après une vingtaine de minutes, nous a laissé à une station se trouvant à 200 mètres de l’auberge de jeunesse. Henning nous a guidé jusqu’à la dite auberge située à peine à dix minutes à pied du centre-ville.
Henning et moi sommes restés dans une auberge de jeunesse différente de celle où sont restés Spartak et Lubo, sauf que les deux appartiennent au même propriétaire. Respectivement dénommés le Greg & Tom Hostel 1 et le Greg & Tom Hostel 2 (G&T 1 & 2), ces auberges sont, sans aucune exagération, les meilleures auberges de jeunesse où j’ai séjourné. Ce sont des auberges localisées à proximité d’un grand centre commercial et à quelques pas du centre-ville, de petites tailles, joliment décorées et dont le staff est vraiment charmant et serviable. Pour un prix presque risible, le déjeuner (énorme) ET le souper (des plats polonais cuisinés par le staff) sont inclus dans le prix de la nuitée. Le G&T 1 est l’auberge principale, où l’on retrouve le bureau de réception (ouvert 24h), une salle commune avec télévision grand écran, quatre ordinateurs avec Internet haute-vitesse gratuit (munis de caméras web) et qui abrite une série de dortoirs aux lits peu nombreux (et non-superposés). Pour sa part le G&T 2 est une auberge secondaire qui n’offre que des chambres double (chambres privées avec lit double), où l’on retrouve une cuisine et une salle de bain commune (ultra propre).
Ainsi, une fois installé dans nos auberges respectives, notre petit groupe, auquel s’est ajouté un « nouvel ami » australien, est parti pour le centre-ville boire une bière (et de la vodka!).
Quelle soirée!! C’était génial! Nous avons suivi les recommandations du staff et nous sommes rendus dans le « Klub Re » sur la rue Mikołajska. L’endroit baignait dans un nuage de fumée de cigarette, visible dans la pénombre en raison de l’éclairage aux chandelles. Nous avons été chanceux de nous trouver une petite table dans une salle un peu en retrait de l’aire principale, et nous avons échangé une foule d’anecdotes tout en sirotant nos boissons.
C’est ainsi que nous avons découvert que Sean, l’australien rencontré quelques minutes plus tôt, était clairement la personne que nous avons rencontrée qui avait le plus voyagé dans sa vie de jeune trentenaire. Il nous a raconté des bribes cocasses de ses différents voyages dans divers recoins du monde, parfois exécutés dans le cadre du travail, mais tout aussi souvent pour le plaisir. Son passeport était si plein et surtout si usé qu’on ne pouvait même pas en connaître l’origine en regardant la couverture! Il était bleu et usé, et les inscriptions dorées du dessus avaient été effacées par le temps, mais principalement suite à un épisode dans la machine à laver. Ce n’est qu’en ouvrant à la première page que l’on pouvait y voir les armoiries de l’Australie : un bouclier avec un kangourou et un émeu. Petite parenthèse, ces animaux sont natifs d'Australie, mais ce ne serait pas l’unique raison pour laquelle ils ont été choisis, en fait, c’est parce que ces animaux ne peuvent pas reculer (ils en sont physiologiquement incapables), ce qui symboliserait le fait que l’Australie est un pays qui ne peut qu’aller de l'avant… Intéressant! ;-)
Ce fameux passeport et ses nombreux déplacements (ainsi que le facteur « profilage racial ») auraient valu à Sean une séance d’interrogation à la Guantanamo lors de sa première visite au… Canada! Sans blague, je n’aurais jamais cru que nos douanes pouvaient être aussi traumatisantes!
C’était à l’aéroport de Vancouver en 2006, et ils l’ont interrogé pendant SIX HEURES! Les agents d’immigration de l’aéroport ne croyaient pas qu’il venait visiter le Canada pour son plaisir personnel avant de se rendre aux États-Unis pour le travail. Ils l’ont harcelé et questionné en essayant de le mélanger et de lui faire dire des choses contradictoires, au point où il a finit par éclater en sanglots! Il nous racontait ça en riant et avec une délicieuse pointe d’humour typiquement australienne, mais dans le fin fond de son regard, on pouvait toujours y lire de la peur ainsi qu’une trace d’amertume. Je vous le dit, il ne retournera pas au Canada de sitôt!
Nous avons donc passé une très agréable soirée, et après le Klub Re, nous avons fait deux autres arrêts dans des bars au hasard pour faire de la "dégustation" de vodka. Nous sommes finalement rentrés clopin-clopant à l’auberge, sachant que nous devions nous lever très tôt le lendemain matin pour faire une journée de visites touristiques, mais pleinement enrichi de nouvelles notions de polonais.
Jeszcze jedną kolejkę proszę! (Une autre tournée pour la table, s'il vous plaît!)
Et glou et glou et glou.
Jeszcze raz proszę… (Un peu plus, s'il vous plaît...)
Et glou et glou et glou.
Chciałbym wynająć samochód. (Je voudrais louer une voiture.)
Vrom-vrom-vrom.
Bang-kapout!
Piiiin-poooon-ppiiiiin-poooooon.
Oh! Czy jestem aresztowany?! (Oh! Suis-je en état d'arrestation?!)
…
Nie zrobiłem nic złego! (Je n'ai rien fait de mal!)
…
To było nieporozumienie!!! (C'est une erreur!!!)
…
Dokąd mnie zabieracie? (Où m'emmenez-vous?)
…
Czy mogę po prostu natychmiast zapłacić karę? (Pourrais-je simplement payer une amende ?)
…
Chcę rozmawiać z adwokatem. (Je voudrais parler à un avocat.)

Enfin la suite ! Merci tu me fais rire
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